Laissée pendant des années à l’anarchie automobile, la place Champollion retrouve une nouvelle harmonie. Aménagée en succession de terrasses pavées, cette réalisation favorise l’attractivité de la place tout en magnifiant son caractère historique.
Malgré la volonté de créer un espace vide, la place Champollion, à l’image de la place des Ecritures de la ville, est un lieu de rencontre des Figeacois. Située au centre de nombreux commerces et du musée Champollion, la place est désormais dévolue aux piétons selon les dessins de Philippe Bergès, architecte. Ce nouvel aménagement redessine le profil de cette place à la géométrie triangulaire forte, où le dénivelé s’élève de 3,8 m depuis le bas de la place jusqu’au pied de la rue de Colomb. La déclivité du site impose un aménagement en gradins. Les vis-à-vis des façades ont été réunis physiquement par des lignes de pierre de lave, annonçant ainsi l’ascension vers le haut de la ville. Ce tracé architectural n’est pas le fruit du hasard. En effet, Philippe Bergès et son équipe ont déterminé ces stries directives en pierre de lave noire afin qu’elles relient les bâtiments entre eux sans empiéter sur les ouvertures. Ces lignes, de longueur variable, segmentent la place en alignements de terrasses. Des caniveaux à fente sont disposés sous ces pierres pour faciliter l’écoulement de l’eau. Ces terrasses de ville maintenant constituées en gradins, desservent les rues, les ogives, et les portes de ces façades habitées et visitées. Des remplissages de pavés en porphyre rouge brun (14 x 13 x 18 cm) voilent ces morceaux de place, effleurent la ligne en son centre et plongent discrètement vers les seuils de portes. Ces pavés éclatés, à face rugueuse, ont été installés sur l’ensemble des terrasses. “Etablir des lignes successives de pavés était impossible d’un point de vue esthétique. L’objectif n’était pas de perturber l’œil. L’assemblage des pavés s’est donc porté sur une disposition en arc de cercle, plus précisément en ’queue de paon’ en partant du bas de la place puis en remontant progressivement le dénivelé.” précise Philippe Bergès. Les éléments minéraux reposent sur une couche composée de sable et de mortier maigre (38 cm de graves et de ciment) et sur 30 cm de béton (GNT 0/31.5). Devant les commerces qui bordent la place, pavés et bordures sont rehaussés pour accompagner les passants. En périphérie, la ligne directrice devient marche, alors qu’elle autorise et canalise le passage automobile suivant des parcours précis. “Il n’est pas nécessaire d’interdire les véhicules pour donner une vocation piétonne à un espace. La structure en pavés suffit à rendre mal à l’aise le conducteur quand il pénètre dans le lieu” évoque l’architecte. Cette place, qui accepte piétons et voitures, est cependant rendue praticable par les personnes à mobilité réduite par un accès facilité entre deux terrasses. Pour répondre à cela, les bordures sont rabaissées à certains endroits jusqu’au niveau de la terrasse inférieure. Cette facilité de circulation permet à tous de profiter des 1 300 m2 de pavés qui s’ouvrent au milieu des maisons médiévales. Dans les endroits trop pentus, des plateaux en grès sont installés pour accueillir un arrêt de bus et une terrasse de café.
..retrouvez l'intégralité de cet article dans Horticulture et Paysage n°132 jan 2012