Le grand prix de l’urbanisme, présidé par Jean-Marc Michel, directeur général de l’aménagement, du logement et de la nature, vient d’être décerné à Michel Desvigne. Ce paysagiste de talent confirme son statut d’urbaniste à part entière. Pour lui, le fait qu’un paysagiste reçoive ce prix a un sens, car les enjeux actuels de la ville (liés à sa géographie, à l’histoire des lieux…) relèvent de l’aménagement du paysage…
“Aujourd’hui, la ville est diffuse, elle s’étale avec ses lotissements et ses périphéries… Le sujet actuel est de comprendre pourquoi cette ville s’est construite sans espaces publics à la bonne échelle, et pourquoi il faut la recomposer et améliorer aujourd’hui ces territoires urbains. Il s’agit d’inventer, de créer des paysages de lisières entre les quartiers et la campagne. Il faut inventer, pour ces espaces, des chemins, des prés communs, des vergers et des jardins partagés et introduire des parcelles agricoles. L’agriculture de proximité peut contribuer à introduire des espaces verts dans cette ville. Nous sommes dans une période de recomposition paysagère de nos villes. Nous pouvons nous inspirer des parcs américains de la fin du 19ème siècle qui intégraient, pour une grande continuité de l’espace, les déplacements et la gestion de l’eau. En Europe, ces réflexions et avancées théoriques ont été perdues avec les 2 guerres mondiales. Ainsi, au 20ème siècle, nous n’avons pas construit de paysage à l’échelle de nos villes, à l’exception des réalisations de Le Forestier ou de Burle-Marx. La France s’est dotée d’infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires… mais pas d’espaces publics à l’échelle de la densité humaine de ses territoires.
...retrouvez l'intégralité de cet article dans Horticulture et Paysage n°127-128, Juin-Juillet 2011