Créer un arboretum aujourd’hui
par Frédéric Ségur, Responsable du Service Arbres et Paysage, Communauté urbaine de Lyon
La forêt française telle que nous la connaissons aujourd’hui présente une très faible diversité d’espèces en comparaison des forêts situées sous les mêmes latitudes en Amérique ou en Asie. Elle a en effet connu un très fort appauvrissement de sa diversité au cours des âges géologiques, notamment avec les grandes glaciations du quaternaire qui ont éliminées un grand nombre d’essences. Avant cette période, des études réalisées à partir de l’analyse des pollens ont montré que des arbres aujourd’hui jugées « exotiques » (cèdres, tulipiers, séquoias, ginkgos…) ont poussé spontanément sur notre sol.
Cette faible diversité d’espèce d’arbres dans les forêts s’est logiquement transposée dans les jardins. Jusqu’à la fin du XVIe siècle les arbres les plus fréquemment employés pour les plantations d’ornement sont l’orme, le chêne, le charme et le hêtre. Pourtant cette tendance va brusquement évoluer avec les grandes explorations du monde entreprises entre le XVIe et le XXe siècle. Une multitude de nouvelles plantes sont alors rapportées par les voyageurs et les premiers jardins botaniques et collections sont créés, le premier en France, le Jardin des Plantes de Montpellier, en 1593.
Les nouveaux concepts de jardins paysagers qui se développent au XVIIIe et surtout au XIXe siècle s’accordent bien avec un enrichissement des compositions végétales et la recréation d’ambiances exotiques. Aussi, les strates arborées et arbustives de ces compositions permettent l’introduction de nombreuses essences « étrangères ».
...retrouvez l'intégralité de cet article dans Horticulture et Paysage n°123, Février 2011